La choucroute garnie de Californie et les méfaits d’Obama.

 

(Note: Je suis né et j’ai été élevé à Paris. Je vis en Californie du nord depuis quarante ans. Jacques J. Delacroix)


Il y a quelques jours, j’avais le cafard. Cela m’arrive rarement. Je suis le plus souvent de bonne humeur, avec raison. Je vis dans une gracieuse ville très animée, au bord de l’ Océan Pacifique. Je passe mon temps à lire et à écrire, sauf quand je vais à la pêche sur mon joli voilier à moteur. Le tsunami de mauvaises nouvelles économiques et autres était la cause de ma mauvaise humeur, bien sur.


Pour me remettre en forme mentale, j’ai décidé de me fabriquer une choucroute garnie strasbourgeoise, hors-saison et hors-pays, évidemment. L’expérience fut une belle réussite, malgré tous les obstacles: Bonne choucroute en bocal, saucisses façon Strasbourg, jarret de porc, jambon cru, grillades de porc, et même des cuisses de canard confit. J’y ai ajouté un peu de graisse d’oie, habilement congelée après le rôti de Noêl.


D’ habitude, je mange sagement, du poisson, beaucoup de légumes, cuits et crus, des céréales complètes, un peu d’huile d’olive. L’assaut des graisses saturées de la choucroute sur mon organisme aura raccourci ma vie d’au moins une heure. Comme la préparation et la consommation de la choucroute strasbourgeoise de Californie m’auront mis de bonne humeur pendant deux jours au moins, cela en valait bien la peine. Même ma femme, originaire de l’Inde et d’ascendance végétarienne, s’est régalée.


Pour moi, la choucroute garnie est ce qu’on appelle en Anglais: “Comfort food”. Il s’agit des plats ou des friandises de la jeunesse et souvent de l’enfance, qui rendent heureux, instantanément, pour rien. Mon autre “comfort food”, comme pour de milliers de Français de ma génération, c’est les BN, les Biscuits Nantais fourrés au chocolat. Ce sont bien les mêmes BN qu’ on enfournait à la plage après s’être trop longtemps plongé dans une Manche glaciale.


Alors, pourquoi cette orgie de comfort food?


Je pense que nous assistons un désastre progressif. Ne vous faites pas d’illusions, ce n’est pas un désatre uniquement américain mais un désastre à l’échelle mondiale. N’est-il pas curieux que les Français se soient découverts un gouffre financier immobilier deux mois après les Américains? Quand les Etats-Unis éternuent, le reste du monde attrappe la grippe.


A l’automne dernier, l’Amérique s’est offert un grand orgasme libératoire. Croyant laver les très réels péchés raciaux de son histoire, elle a élu un joli pantin à la fois ambitieux et incapable. Il s’agit malheureusement d’un pantin dont personne ne tire vraiment les ficelles.


Le Président Obama n’a jamais rien accompli de sa vie. Le jour de son élection, il ne possèdait aucune expérience de la direction de quoique ce soit, ni grande entreprise, ni banque, ni épicerie de quartier, ni surtout d’état, ni même d’une minuscule municipalité. (Par contraste, Sarah Palin, candidate républicaine à la vice-présidence est, depuis plusieurs années, l’excellent gouverneur de l’état d’Alaska. )


Obama avait alors été membre de la législature de l’Etat d’Illinois pendant sept ans et au Senat féderal pendant deux ans. En tant qu’élu, dans les deux cas, il n’avait brillé en aucune manière. On brille en devenant l’auteur, ou même le co-auteur de législation importante. Ce critère est sans conteste celui qui prévaud, que le contenu de la législation en question me plaise ou non. (Ted Kennedy, que j’adore haïr, aura été à cette aune un grand Sénateura )


Auparavant. Mr Obama était Professeur de Droit, un professeur de droit qui n’a jamais rien publié, contrairement aux us et coutumes des universitaires américains. A tort ou a raison, c’est le critère de qualité qui prévaud là aussi. Obama est comme un professeur de Beaux Arts qui ne peindrait ni ne sculpterait, et qui ne commettrait même pas de collages infantiles. Contrairement a ce qui est le cas pour tous ses prédecesseurs, ses notes d’université restent sous clef. On est en droit de se demander pourquoi. (Les notes de G. W. Bush étaient mauvaises, celles de son dernier opposant, le Senateur Democrate Kerry, encore pires. )


Avant tout, le candidat Obama fut un imposteur racial. C’est une chose diffcile à expliquer a des Européens et à des francophones dont beaucoup portent au coeur un sentiment d’auto-satisfaction naïf autant que suffisant, sur le plan racial. Ce sentiment est d’ailleurs alimenté par les vieux films anti-racistes des années cinquante et soixante qui trainent encore dans les petites salles de cinéma et à la TV d’état. Je vais essayer quand même. (Auto-test: La France a aboli l’esclavage en ________?)


A peu près la moitié des Américains qui adoptent la désignation“africain-américain” au census se compose d’immigrants récents et de leurs enfants. Il s’agit donc de gens qui sont venus ici en avion de la Jamaique ou du Nigéria, ou en radeau de tonneaux à partir d’Haiti et de Cuba. Ainsi l’ancien général et Scrétaire d’Etat sous Bush, Colin Powell, est fils d’immigrants Jamaicains.


L’autre moitié est faite de descendants d’esclaves arrivés enchainés.


Tout le monde est plus ou moins d’accord sur le principe que l’Amérique est redevable à ces derniers. Ceci, en raison de la théorie que l’esclavage du passé et la ségregation raciale, également du passé, méritent compensation en eux-mêmes. C’est vrai surtout parce qu’il est possible que les conséquences sociales des privations et des mauvais traitments de jadis se répercutent longuement à travers les générations. Tout ceci en dépit du fait que l’Amérique a très largement réussi sa transformation raciale au cours des trente dernieres années. Il y a des Noirs partout et à tous les échelons de la société. Comme chacun sait, ils sont même sur-representés dans certaine professions extrêmement lucratives.


Bien sur, l’immigration (volontaire et souvent clandestine) ne serait pas si forte en provenance de l’Afrique et des Antilles si les immigrants étaient soumis à un régime de forte discrimination raciale à l’arrivée. Une telle immigration n’existait d’ailleurs guère avant les années soixante-dix, le début de la transformation en question. Ainsi, au pic de l’immigration aux Etats-Unis, entre 1892 et 1924, sont arrivés en moyenne moins de 45 000 Noirs par an, toutes provenances confondues. (“American Passage” par V. L. Cannato.)


Mon expérience personelle rejoint les constatations basées sur les simples chiffres. Les Africains que je connais ici ne rentrent pas chez eux. Quand ils y vont en visite, ils reviennent très vite, même quand cela leur fait difficulté sur le plan pratique. Et non, ils ne sont pas retenus par la misère noire (si je puis dire) dans leurs pays d’origine. Ils sont tous membres de la solide classe moyenne de leurs pays respectifs. De plus, j’ai deux enfants adultes, adoptés et basanés, l’une et l’autre. Ils n’ont jamais eu a subir aucune insulte raciale ici, aux Etats-Unis. Cela arrive en France, à chaque fois que nous y passons ne serait-ce que quelques semaines.


Obama, de mère blanche comme le blanc de poulet, abandonné dans sa petite enfance par un père africain, a réussi le tour de force de faire rassembler sur lui les vagues sentiments résiduels de culpabilité historique d’un grosse partie de l’opinion américaine. Il s’est fait cyniquement passer pour un descendant d’esclave alors qu’il est blanc sur tous les plans, sociologique, historique et personnel. Obama n’est “Noir” qu’au plan superficiel de la mélanine de sa peau. Ceci, allié au fait qu’il est beau gosse et qu’il parle bien, comme un homme de théâtre, lui a permis d’assoupir la criticalité américaine au cours de sa campaigne et jusque dans les premiers six mois de sa présidence. La grande presse, aussi bien imprimée que télevisée, par ailleurs en chute libre de circulation, lui consacre son dernier souffle d’agonisante.


Aujourd’hui. la cote de popularité du President Obama reste elevée (mais pas stratosphérique). Profitant -comme cela est légitime – de ses majorités absolues dans les deux Chambres, il a mis en oeuvre de gigantesques initiatives sur le plan économique. Il a endetté l’Amérique dans des proportions jamais vues depuis la Deuxième Guerre Mondiale. Ce faisant, soit sciemment, soit par ignorance, il a ébranlé l’économie mondiale dans son ensemble. (Je penche pour la seconde explication.) Toutes ses initiatives échouent, l’une après l’autre, comme prévu. Le chômage s’étend chaque jour tandis que la valeur des part d’entreprise où les retraités ont investi leur épargne on diminué de moitié de valeur. (Pas seulement celles des retraités aisés, les fonds de pension ouvriers, et la miennes, de prof en retraite, par exemple, aussi bien.) La surinflation suivra immanquablement le gonflement gigantesque du deficit budgétaire féderal.


C’est la fin d’un certain monde vivace et plein d’invention, tant dans la sphère culturelle que sur le plan économique. Ceci, sans bénéfices tangible pour qui que se soit, et surtout pas pour les plus pauvres. (Il est difficile de taxer l’appauvrisssment général.)


Le Président réagit à chaque mauvaise nouvelle par de nouveaux discours presque vides de sens sauf qu’ils donnent souvent lieu a de nouvelle initiatives géantes malheureuses. A chaque fois, il s’agit de vieilles recettes éculées, en faillite partout ailleurs dans le monde. L’approbation du public pour ces initiatives est à chaque fois minoritaire. Le Président s’élance chaque jour dans l’inconneu avec toute l’assurance d’un universitaire médiocre. Il ne sait pas ce qu’il ne sait pas. Ceux qui l’entourent le flattent systématiquement pour essayer de mener à bon cap leur programme socialiste d’un autre âge. Barack Obama est comme un enfant vaniteux qui aurait de mauvaises fréquentations. (Son pasteur jusqu’à il y a un an, le Révérent Wright, vient de déclarer à la presse que “les Juifs” lui empêchaient l’accès au Président.)


Rien de ceci importe à Barack Obama puisqu’il a bel et bien été élu. Nous faisons face à un Bonapartisme délirant. D’où mon pessimisme. D’où la choucroute garnie californienne à la strasbourgeoise.


Si vous avez lu jusqu’ici, vous devriez peut-êtretâter de mon blog habituel, en Anglais. (Même adresse: factsmatter.wordpress.com.) Au pire, cela vous permettra surement d’améliorer le Franglais dont beaucoup d’entre vous lardent leur conversation.


Bien sur, vous pourriez rétorquer que la langue anglaise n’est historiquement qu’ une sorte de Franglais qui aurait bien réussi dans la vie.


C’est cool, non?


© Jacques Delacroix 2009

About Jacques Delacroix

I am a sociologist, a short-story writer, and a blogger (Facts Matter and Notes On Liberty) in Santa Cruz, California.
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9 Responses to La choucroute garnie de Californie et les méfaits d’Obama.

  1. l.Marcus says:

    I suppose it is too much to ask for a translation?

    • jacquesdelacroix says:

      Yes, it’s too much. Translation is very difficult. Story contains musing a about sauerkraut and pork meat Strasbourg-style and a summary of what’s wrong with our President. Nothing you don’t already know. It’s tailored for French-speaking audience whom, I suspect, don’t ever hear that side of the story.

      • martine cantillon says:

        Pas de son mais c’est comme si je t’entendais…
        ça fait longtemps que je n’ai partagé un bon plat bien français (strasbourg c’est bien la France)!!!
        avec toi…
        Mais les moules et les frites c’est bon aussi!!!
        Vous avez Obama, les français ont Sarko, nous avons Albert…c’est difficile la vie…et pourtant c’est tellement chouette par moment….

      • jacquesdelacroix says:

        Ben voui, voyons. Et la boulangerie?

      • jacquesdelacroix says:

        Il n’y a pas d’equivalence. Sarkozy etait tres clair pendant sa campagne. Il a bien dit aux Francais: Vous remettre au travail, arreter de glander, et il n’y a pas de dejeuner gratuit. Ils ralent precisemment parce que cela fait trente ans qu’ils font fausse route et les moins de trente ans n’ont pas eu la chance de gouter d’une societe normale. Sarkozy essaie franchement d’effectuer le demi-tour qu’il avait bel et bien promis.
        Les Americains ont elu Obama pour rien, sans raison. Depuis, il fait connerie sur connerie. En gros, il essaie de faire faire a l’Amerique ce que la FRance et l’Allemagne on fait dans les annees 80. Cad qu’il fait entrer le pays dans la meme voie dont les Francais ont decide de sortir par leur vote il y a deux ans. C’est le desastre et cela vous toucher encore pire que nous.

  2. Astou Ka says:

    Oncle jacques arrete de denigrer le president Obama. Il n’est pas un faiseur de miracles! Il n’a pris pouvoir qu’il ya 6 mois. Laisses lui le temps de nettoyer les poubelles que Bush nous a laisse. Arretes d’empoisonner les francophones aves tes rhetoriques a la repub!! (rires)

    • jacquesdelacroix says:

      Wake up, kid. President Obama has moved our national debt from 40 % of GDP to 80% in five months. You are going to pay for it when you grow up, in the form of inflation. Me too. I don’t care, I will be milking cows in Senegal.

  3. Jacques,

    Since your Russian is not that great (или может быть я ошибаюсь?), I am going to reply in English, your first language.

    You are a good cook, but you are a better sociologist. You’re spot on here.

    If anyone is looking for superordinate reasoning in the Obama’s administration, you’re not gonna find one. He has ushered us into the era of mediocrity, both entrepreneurial and political. Obama has publicly castrated the United States before the world, making apologetic speeches before fascist tyrants and their European followers, hence bringing down the US political capital to the potency level of the Canadian politics.

    I’ve been in Moscow for 12 days now. Not a single friend or foe of mine has engaged me in a fiery political debate, trying to string me for my American allegiance. Why is that, considering that for the last 12 years I had to duel them on a daily basis? I am no longer a representative of a superior political and economic system, not in their eyes. Well, I am not losing any sleep over their post-communist perceptions (let them stew in their own crap), but I am deeply concerned with lack of a strong political will on the Capitol Hill to continue supporting democracy and market economies around the world. (Obama just literally endorsed a fascist state in Iran by claiming that Iranian people have the right to make their own political choice. Yes, yes, of course, you socialist swine. Have you forgotten Poland, 1939, USSR 1941?)

    The equation is stupid-simple: perceived weakness of the US and its unwillingness to stand up for what’s right EQUALS more pain and suffering around the world. No one benefits, no one.

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